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Intervention chirurgicale, anesthésie et allaitement maternel: compatibilité médicamenteuse des anesthésiques et analgésiques

Dernière mise à jour : il y a 6 jours


1.      Introduction

Les bénéfices de l’allaitement maternel, tant pour la santé de la mère que pour celle de l’enfant, sont largement établis et documentés, notamment dans la série publiée par The Lancet en 2016.

L’Organisation mondiale de la santé recommande un allaitement exclusif durant les six premiers mois de vie, puis la poursuite de l’allaitement en complément de l’alimentation solide jusqu’à au moins deux ans.

En France, les taux d’allaitement demeurent modestes. Selon l’étude Epifane 2021, le taux d’initiation de l’allaitement à la maternité s’élevait à 77 %. La durée médiane d’allaitement maternel était de 20 semaines, et à l’âge de 6 mois, un tiers des enfants étaient encore allaités.

Les recommandations concernant l’usage des médicaments pendant l’allaitement restent insuffisamment connues du grand public. De nombreuses mères s’appuient encore sur les notices des médicaments, ce qui conduit fréquemment à une interruption, parfois injustifiée, de l’allaitement. Ainsi, l’étude Epiphane rapporte que 7% des mères introduisent du lait artificiel ou sèvrent leur enfant en raison de la prise de médicaments.

 En France, le site du CRAT constitue une référence de premier plan pour les professionnels de santé concernant le passage des médicaments dans le lait maternel. D’autres ressources internationales sont également disponibles, notamment LactMed, l’ouvrage de Hale et e-lactancia.

Dans le contexte de l’anesthésie chirurgicale, des recommandations américaines (2024) et britanniques (2020, puis mise à jour en 2026) ont été publiées, mais elles demeurent peu diffusées parmi les professionnels.

De Hondt et al publient en 2026 une étude sur 193 participantes ayant eu une intervention chirugicale et allaitant: parmi elles, 24% ont eu la recommandation d’allaiter immédiatement, 5,7% ont eu la consigne de tirer et jeter le lait une fois, 19,2%ont eu la consigne de tirer et jeter pendant 12h et 16,1%de tirer et jeter pendant 24h. Les mères ne suivaient pas forcément ces indications et recherchaient l’information sur des forums ou des sites internet. Les auteurs concluent sur l'importance de l'éducation des professionnels de santé sur ce thème


Ainsi les consultantes en lactation sont en première ligne et rapportent que les mères allaitantes les interrogent sur la conduite à tenir lors d’une intervention chirurgicale et notamment sur la nécessité éventuelle de tirer et jeter leur lait pendant une période donnée .


Nous proposons ici une revue du transfert dans le lait maternel des principaux médicaments utilisés en anesthésie chez la mère allaitante, ainsi qu’un rappel des précautions pratiques à adopter lors d’une intervention chirurgicale.

 

2.      Anesthésie et allaitement maternel: Bases pharmacologiques du transfert des médicaments dans le lait maternel


La compatibilité d’un médicament avec l’allaitement repose sur l’évaluation de plusieurs paramètres pharmacocinétiques et pharmacodynamiques. Ces facteurs influencent la quantité de substance active qui passe dans le lait maternel ainsi que sa capacité à être absorbée par le nourrisson (Hale & Rowe, Medications and Mothers’ Milk, 2023 )

  • Demi-vie plasmatique du médicament La demi-vie conditionne la durée de présence du médicament dans la circulation maternelle. Plus elle est longue, plus la concentration plasmatique reste élevée, augmentant potentiellement le transfert dans le lait maternel. Les molécules à demi-vie courte entraînent en général un passage moindre ou transitoire dans le lait. La demi-vie est donc un élément clé pour planifier les prises médicamenteuses chez les mères allaitantes (Hale 2023).

  • Biodisponibilité orale chez le nourrisson Même lorsqu’un médicament passe dans le lait, encore faut-il qu’il soit absorbé par le tube digestif de l’enfant pour produire un effet systémique. Les molécules ayant une faible biodisponibilité orale présentent un risque très faible malgré un passage mesurable dans le lait.

  • Dose administrée et fréquence d’administration Une dose maternelle élevée, ou des administrations répétées, augmentent la concentration plasmatique et donc le potentiel de transfert dans le lait.

L’évaluation repose habituellement sur le Relative Infant Dose (RID), qui compare la dose reçue via le lait maternel au poids corporel du nourrisson à la dose maternelle. Un RID < 10 % est généralement considéré comme compatible avec l’allaitement (Hale 2023 )

  • Lipophilie Les médicaments lipophiles traversent plus facilement les membranes cellulaires et s’accumulent davantage dans un compartiment riche en lipides comme le lait maternel. Cela peut augmenter la concentration du lait,  en particulier dans le lait mature plus lipidique. Les anesthésiques et analgésiques lipophiles, par exemple, présentent souvent un passage mesurable mais transitoire

  • Masse moléculaire La masse moléculaire influence la capacité d’une molécule à traverser les jonctions intercellulaires des lactocytes. Les petites molécules (< 300 Da) passent plus facilement que les molécules de grande taille (> 800 Da).

  • Liaison aux protéines plasmatiques Les médicaments fortement liés aux protéines plasmatiques maternelles (souvent > 90 %) ont un passage dans le lait limité, car seule la fraction libre diffuse dans le lait. Ainsi, une forte liaison protéique est généralement protectrice, réduisant la quantité disponible pour le transfert

  • Mode de transfert dans le lait maternel : diffusion passive et gradient de concentration La plupart des médicaments traversent la membrane des lactocytes par diffusion passive, sans dépense énergétique. Ce transfert dépend principalement du gradient de concentration entre le plasma maternel et le lait : lorsque la concentration plasmatique est élevée, la molécule diffuse vers le lait jusqu’à atteindre un équilibre. La diffusion est facilitée pour les molécules non ionisées, lipophiles et de faible taille, qui peuvent retourner dans le plasma lorsque le médicament commence à être éliminé. Le pH du lait (environ 7,0 contre 7,4 dans le plasma) peut également favoriser l’« ion trapping » : les molécules basiques se retrouvent davantage ionisées dans le lait et peuvent y être légèrement retenues (Hale & Rowe 2023 ; Anderson 2016).


3.      Recommandations internationales

A ce jour, il n’y a pas de recommandations de pratique professionnelle pour l’usage des anesthésiques chez la mère allaitante en France. Les médecins anesthésistes se basent donc sur le principe de précaution pour conseiller aux mères d’éviter d’allaiter pendant une durée donnée après une anesthésie pour une intervention chirurgicale.


Les recommandations d’experts américains et anglais indiquent qu’il n’est pas nécessaire de tirer et jeter le lait pendant une période donnée après une intervention chirurgicale,  et que l’allaitement peut reprendre dès que la mère est éveillée et alerte. 



4.      Détails de transfert dans le lait maternel et compatibilité médicamenteuse


Nous proposons des informations sur les principales classes médicamenteuses utilisées pour la prise en charge anesthésique en cas d’intervention chirurgicale et leur compatibilité avec l’allaitement maternel.

a.      Anesthésiques

·        Anesthésiques par voie intraveineuse

La plupart des agents anesthésiques intraveineux ont une faible biodisponibilité orale et une demi-vie courte, ils sont donc compatibles avec une utilisation pendant une intervention chirurgicale sur une femme qui allaite.

  • Pour le propofol (RID 4.44%), le thiopental (RID: 1.77-5.94%) et l'étomidate (RID : 0.81% - 3.97%) , les quantités qui passent dans le lait maternel sont faibles et l'allaitement peut être repris dès que la mère s'est suffisamment remise de l'anesthésie générale pour allaiter. (Hale)

  • Pour la kétamine: la kétamine et son métabolite actif apparaissent dans le lait maternel à des concentrations très faibles et sa biodisponibilité orale est faible, ce qui implique un faible risque pour les nourrissons allaités. Les données disponibles indiquent que l'utilisation de la kétamine chez les mères allaitantes n'a pas d'effet sur le nourrisson allaité ou la lactation. Jusqu'à ce que davantage de données soient disponibles, la kétamine doit être utilisée avec une surveillance attentive du nourrisson afin de détecter tout signe de sédation, de mauvaise alimentation et de faible prise de poids.

·        Anesthésiques par inhalation (sevoflurane, isoflurane, desflurane,protoxyde d’azote et halothane)

Ces agents sont en grande partie éliminés après l'anesthésie par expiration, ils ont une demi-vie courte et une élimination rapide. Leur utilisation pendant l'anesthésie est compatible avec l'allaitement maternel.


3.2. Sédation

Benzodiazépines: on recommande d’utiliser des benzodiazépines à ½ vie courte, surtout pour les mères de nouveaux-nés et de prématurés.

  • Midazolam (RID: 0.63%): c’est une molécule à demi-vie courte, généralement donnée en une dose. Passage très faible dans le lait maternel donc compatible avec l’allaitement

  • Diazépam (RID: 0.88-7.14%) : il est à utiliser avec précaution car son métabolite actif a une demi-vie longue et le passage dans le lait maternel se fait à doses significatives. Toutefois, un usage en dose unique est compatible avec l’allaitement

  • Dexmedetomidine: il y a un passage négligeable dans le lait maternel: un volume de distribution important, le pourcentage élevé de liaison aux protéines plasmatiques, et une demi- vie d’élimination courte . L'allaitement peut être repris dès que la mère s'est suffisamment remise de l'anesthésie générale pour allaiter

 

3.3 Analgésiques

  • Paracetamol (RID: 6.41 à 24.23%): la dose qui passe dans le lait maternel est inférieure à la dose pédiatrique, il est compatible avec l'allaitement

  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Ibuprofène (RID: 0.1-0.7%) , Diclofénac ,Naproxène ,Célécoxib ,Kétorolac, parécoxib : sont compatibles avec l'allaitement. Il conviendra de privilégier l’ibuprofène, le kétoprofène, le flurbiprofène ou le diclofénac. ( Hale)

Aspirine : elle est excrétée dans le lait maternel, avec des doses fonction de la dose maternelle. L'aspirine à faible dose pour son action antiplaquettaire peut être utilisée chez les femmes qui allaitent (le crat, lactmed),  mais ce médicament ne doit pas être utilisé à des doses analgésiques ou répétées (le CRAT) . Le risque de syndrôme de Reye chez l’enfant suite à l’ingestion de lait maternel contenant de l’aspirine n’est pas connu (Lactmed) mais peu probable (e-lactancia).

  • Néfopam RID 2.6%

Le Nefopam est un analgésique non-opioïde utilisé pour des douleurs modérées à sévères, notamment en  cas de césarienne ou d’épisiotomie. Il peut être utilisé en IV ou par voie orale. Il est excrété dans le lait en quantité cliniquement non significative  et est compatible avec l’allaitement (e-lactancia)

Le site du Crat indique que dans les 48 h après l’accouchement les quantités retrouvées dans le lait maternel sont faibles, et qu’en raison d’un manque de données au-delà de 48h, il est préférable de tirer et jeter le lait lors de l’utilisation de Nefopam (Le crat). L’allaitement peut être repris 8 heures après la dernière prise de néfopam.

Les recommandations anglaises de 2026 indiquent que c’est un analgésique non opioïde avec une demi-vie de 3 à 8 heures, une liaison aux protéines plasmatiques de 71 à 76 % et une dose relative pour les enfants de 2,6 % . Les nourrissons allaités doivent être surveillés pour une sédation et pour leur diurèse.

  • Opiacés

La morphine (RID:9.09-35% ) passe dans le lait maternel en petites quantités mais son usage est possible avec l’allaitement. En cas d’utilisation répétée, une surveillance du nourrisson (sédation et dépression respiratoire) est recommandée.

Le crat mentionne que dans l’analgésie post-césarienne, pendant 24 à 72 heures après l’accouchement (par voie intra-veineuse puis orale), le nouveau-né reçoit jusqu’à 2 % de la dose néonatale orale de morphine et qu’aucun effet n’a été rapporté parmi une vingtaine d’enfants allaités par des mères recevant de la morphine. Au-delà de cette période, il y a peu de données sur la morphine en cours d’allaitement.

Comme pour le Nefopam, au-delà des 48h, le Crat indique qu’il est préférable de suspendre l’allaitement pendant un traitement par morphine. L’allaitement peut être repris environ 4 heures après la dernière prise de morphine.


Les morphiniques au long cours (Fentanyl, Oxycodone, hydromorphone) sont contre-indiquées durant l’allaitement. Si un antalgique de niveau 3 est nécessaire chez une femme allaitante une prise ponctuelle de morphine peut être envisagée mais un traitement plus long n’est pas compatible avec la poursuite de l’allaitement.( HAS)

  • Oxycodone (RID:1.01-8%): passe dans le lait maternel (10% de la dose maternelle) et est métabolisé en oxymorphone (métabolite actif ) par le cytochrome P450. De multiples cas de sédation et difficultés respiratoires chez le nouveau né sont rapportés dans la littérature. Selon le métabolisme (si la mère est métaboliseur ultra-rapide) , risque de s’accumuler chez le nourrisson et de dépression respiratoire.

  • Hydromorphone (RID:0.67%) : l’hydromorphone est un des métabolites actifs de l’oxycodone et est excrété en petites quantités dans le lait maternel. Il y a un cas rapporté de nourrisson ayant eu des effets indésirables (dépression respiratoire traitée par naloxone) aussi il est recommandé de l’utiliser avec précaution, à une dose minimale pendant 2-3 j en surveillant le nourrisson. Les recommandations anglaises indiquent  qu’il s’agit d’Un puissant analgésique narcotique pour lequel les données relatives à l'allaitement sont limitées.

  • La codéine (RID : 0.6-8.1%) et la dihydrocodéine sont des opiacés métabolisés au sein du Cytochrome P450 CYP2D6 en métabolite actif morphinique. Il y a un polymorphisme génétique pour ce cytochrome avec certaines personnes qui métabolisent plus rapidement, pouvant conduire à des doses plus importantes de métabolites actifs dans le lait maternel. Aussi l’usage de ces médicaments est à limiter en cas d’allaitement

  • Le Tramadol (RID: 2.86%): le transfert du tramadol et de son métabolite actif dans le lait sont faibles, aussi il est compatible avec l’allaitement

  • Pethidine: la pethidine est excrétée dans le lait en petites quantités, et on a constaté des difficultés d'établissement de l’allaitement chez les nourrissons dont la mère a reçu de la péthidine plutôt que de la morphine. Toutefois en dose unique l’allaitement maternel est compatible.

  • Remifentanil: sa très courte demi-vie induit un passage peu probable dans le lait maternel. De plus la biodisponibilité orale est faible. L'allaitement peut être repris dès que la mère s'est suffisamment remise de l'anesthésie générale pour allaiter

  • Fentanyl (RID: 2.9-5%) /alfentanil: la biodisponibilité orale est faible , et l’excrétion dans le lait est en quantités non significatives  aussi leur utilisation est compatible avec l’allaitement

  • Sufenta : Utilisé en péridurale ou en IV durant le travail ou après la naissance, les quantités ingérées par le nouveau né via le lait maternel sont minimes et l’allaitement est compatible (lactmed, e-lactancia)

 

3.4. Anesthésiques locaux: 

Le protocole de l’Academy of Breastfeeding medicine mentionne “Les anesthésiques locaux tels que la lidocaïne, la bupivacaïne et la ropivacaïne peuvent être utilisés en toute sécurité chez les mères qui allaitent. Ces anesthésiques locaux, ainsi que d'autres, sont peu absorbés par voie orale et leurs grosses molécules polarisées ne passent pas facilement dans le lait maternel“. Les recommandations anglaises de 2026 mentionnent également une possibilité d’allaiter en cas d’utilisation de ces molécules.


3.5. Blocs neuromusculaires

  • curares non dépolarisants: ex: mivacurium, p. Ils ont une faible liposolubilité et faible biodisponibilité orale et une masse moléculaire élevée (mivacurium : 1100 Da) . Ils sont ionisés à un pH physiologique, et ne seront pas présents en quantités significatives dans le lait. L’allaitement est possible lorsque l’anesthésie de bloc musculaire est terminée.

  • suxaméthonium: sa demi-vie d’élimination de moins d’une minute indique un passage dans le lait peu probable, et sa faible biodisponibilité orale ne permettrait pas un passage dans le plasma de l’enfant. L’allaitement est possible lorsque l’anesthésie de bloc musculaire est terminée.


3.6. Médicaments inversant l'effet des bloqueurs neuromusculaires


  • neostigmine: elle n’est pas excrétée dans le lait maternel. L’allaitement est possible

  • sugammadex: sa masse moléculaire élevée rend improbable le passage dans le lait maternel , et sa faible biodisponibilité par voie orale rend un passage dans le plasma de l’enfant improbable. L’allaitement est compatible.

     

3.7. Antibiotiques

Les antibiotiques utilisés en antibioprophylaxie chirurgicale: ils sont en général compatibles avec l'allaitement


3.8.  Antiémétiques 


L’Academy of breastfeeding medicine mentionne: “Les antiémétiques sont couramment utilisés pendant la période périopératoire et la plupart de ces médicaments sont considérés comme sans danger pendant l'allaitement. L'ondansétron, la dexaméthasone et la  métoclopramide peuvent être préférés en raison de leur absence d'effets sédatifs. La  prochlorpérazine, la prométhazine et la scopolamine sont probablement sans danger, mais peuvent entraîner une sédation maternelle ; la prométhazine et la scopolamine peuvent également avoir un effet négatif sur la production de lait si elles sont administrées de manière répétée.”


Les recommandations anglaises de 2026 soulignent que la dompéridone et le métoclopramide étant des galactogogues, ils augmentent la sécrétion de lait, ils sont à éviter en cas de sevrage récent (par exemple en cas de cancer du sein). 



 

  1. Considérations pratiques concernant l’anesthésie pour une intervention chirurgicale et l'allaitement


Les recommandations anglaises et américaines  reprennent les données suivantes :

Avant l’intervention


  • Demander systématiquement en consultation d’anesthésie  aux mères d’enfant de moins de 2 ans si elles allaitent

  •  Il est souhaitable de prévoir que le bébé reste à proximité ou que le lait de la mère soit tiré: prévoir d’amener un tire-lait

  • Si une séparation mère-bébé est prévue exprimer le lait juste avant l’intervention pour maintenir la production et éviter une mastite.

  • Favoriser une intervention tôt dans la journée, et une chirurgie ambulatoire, pour minimiser l’interruption de la routine d’allaitement.

  • Les périodes de jeûne doivent être réduites au minimum afin d'éviter la déshydratation.


Pendant l’intervention


  • Privilégier une anesthésie régionale ou locale plutôt que générale, pour limiter l’usage d’opioïdes et de sédatifs.

  • Les anesthésistes américains  et anglais indiquent "Des mesures devraient être prises pour réduire les besoins en opioïdes en ajoutant d'autres classes d'analgésiques lorsque cela est approprié et en évitant les médicaments qui sont plus susceptibles d'être transférés"

  • La Codéine ne doit pas être utilisée par les femmes qui allaitent en raison de risques de sédation excessive chez certains nourrissons, liés à des différences de métabolisme (hypermétabolisation en morphine selon le polymorphisme génétique)

  • Eviter les zones de compression sur les seins pour éviter la survenue de mastite

  • Pour une intervention très longue il peut être nécessaire de faire tirer le lait durant l’intervention par l’équipe du bloc afin d'éviter le risque de mastite: le lait exprimé devra être jeté


Après l’intervention


  • En fonction des produits utilisés dès que la mère est réveillée, alerte, capable de tenir son bébé ou de tirer son lait, on peut reprendre l’allaitement (ou tirer le lait).

  • Si la mère reçoit des opioïdes puissants ou des sédatifs prolongés, une surveillance accrue du bébé peut être nécessaire (sommeil excessif, difficulté à respirer) et il faudra également éviter le cododo et faire attention en cas d'allaitement assise (risque d'endormissement ). 


Points de vigilance

  • La séparation prolongée ou l’impossibilité de tirer le lait peuvent entraîner un engorgement ou une diminution de la production. Encourager le tirage dès que possible

  • Somnolence maternelle ou incapacité à s’occuper du bébé après l’intervention : prévoir un adulte responsable pour s’occuper du bébé.


Les recommandations anglaises abordent aussi les thèmes de la mère allaitante ayant eu un diagnostic de cancer du sein ou hospitalisée en unité de soins intensifs.


Conclusion

Dans les dernières recommandations internationales, il est mentionné que l’allaitement maternel est compatible après une anesthésie générale, régionale ou locale, à condition que la mère soit éveillée, alerte et en capacité de reprendre ses activités et qu’’il n’est plus nécessaire de tirer et jeter son lait pendant une période donnée.

On observe toutefois des discordances avec les données de la base de données françaises Le Crat pour certains médicaments. En attendant des recommandations actualisées des Sociétés d’experts anesthésistes Françaises, chaque anesthésiste donnera des recommandations basées sur sa pratique, les médicaments utilisés, et les risques potentiels pour le nourrisson, notamment en cas d’utilisation d’opioïdes.

 

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Disclaimer: Rédaction en janvier 2026 : merci de reprendre la bibliographie pour plus d'informations sur votre situation particulière



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