top of page

Contraception et allaitement: les recommandations de l'OMS 2025

L’OMS a publié en novembre 2025 une mise à jour du document sur les recommandations d’utilisation des contraceptifs (1).


Contraception et allaitement


Principes généraux pendant l’allaitement

L’allaitement lui‑même est reconnu comme une méthode contraceptive efficace (MAMA) si trois conditions sont réunies : allaitement exclusif , aménorrhée, et enfant de moins de 6 mois; dès que l’une de ces conditions n’est plus remplie, une autre méthode doit être proposée sans délai. Le document insiste sur la liberté de choix et le consentement éclairé : toutes les méthodes éligibles pour une femme donnée doivent être discutées (efficacité, effets secondaires, retentissement possible sur la lactation, retour de fertilité) en tenant compte de ses préférences, de son contexte et des critères d’éligibilité médicale.


Méthodes progestatives et allaitement

Les contraceptions progestatives (implants, injectables, pilules micro‑progestatives) sont considérées comme compatibles avec l’allaitement, y compris dès le postpartum immédiat, avec une nuance de prudence avant 6 semaines pour certaines formes injectables dans les anciennes versions, désormais assouplie (DMPA passant en catégorie « peut généralement être utilisé » chez la femme allaitante < 6 semaines). Les recommandations précisent que ces méthodes peuvent être démarrées dès les premiers jours après l’accouchement chez une femme allaitante, sans impact cliniquement significatif attendu sur la croissance de l’enfant, tout en rappelant la nécessité de surveiller les saignements et d’expliquer le possible allongement de l’aménorrhée.


Dispositifs intra‑utérins chez la femme allaitante

Les DIU au cuivre et au lévonorgestrel sont décrits comme des options de première ligne pour la contraception de longue durée chez les femmes allaitantes, pouvant être insérés soit en postpartum immédiat (dans les 48 h après la naissance), soit au‑delà de 4 semaines, en tenant compte du risque légèrement accru d’expulsion en post‑placentaire. Entre 48 h et 4 semaines postpartum, l’insertion est généralement déconseillée (catégorie de prudence) sauf absence d’alternative acceptable, et toute suspicion d’infection puerpérale contre‑indique l’insertion jusqu’à guérison.


Contraceptions combinées et allaitement

Les méthodes combinées œstro‑progestatives (pilule combinée, patch, anneau vaginal, injectables combinés) ne sont pas recommandées chez les femmes qui allaitent exclusivement pendant les premières semaines, en raison à la fois du risque thrombo‑embolique accru en postpartum précoce et du risque théorique de diminution de la production lactée. Le document préconise de différer l’introduction des méthodes combinées au‑delà de 6 semaines, voire après 6 mois si l’allaitement reste important, et de ne les utiliser que si les méthodes progestatives ou non hormonales ne conviennent pas et que la balance bénéfices/risques est jugée favorable.


Méthodes non hormonales et MAMA

Les méthodes barrières (préservatifs masculins ou féminins, diaphragmes, cape cervicale, spermicides, régulateur de pH vaginal) sont présentées comme des choix sûrs pour la mère allaitante, utilisables immédiatement après l’accouchement, avec en plus l’avantage d’une protection contre les IST pour les préservatifs. Le texte rappelle que la méthode de l’aménorrhée lactationnelle (MAMA) est une méthode hautement efficace mais transitoire, et qu’il faut organiser la transition vers une autre méthode (souvent progestative ou DIU) dès que les tétées s’espacent, que des compléments sont introduits ou que le nourrisson atteint 6 mois.


Urgences contraceptives chez la femme allaitante

Pour la contraception d’urgence, les pilules de contraception d’urgence (LNG, ulipristal) peuvent être utilisées pendant l’allaitement, mais le document souligne la nécessité d’informer sur le schéma d’allaitement autour de la prise (par exemple éventuel ajournement de la tétée selon la molécule et les recommandations nationales) et de mettre en place sans délai une méthode régulière après l’épisode d’urgence.


Notre avis sur ce document

Ce document reprend les données de la littérature mais ne mentionne pas que les  progestatifs peuvent également impliquer une baisse de lactation (2,3). De plus en plus de méthodes de contraception masculine se démocratisent aussi le post-partum nous semble le moment idéal pour libérer les mères de cette charge mentale.


REFERENCE

  1. OMS Selected practice recommendations for contraceptive use, 4th ed. 

  2. Elise Armoiry. blog My Baby Moon .Contraception: impact de la pilule sur l'allaitement

  3. hmaj-Wierzchowska K, Wszołek K, Tomczyk K, Wilczak M. Safety of Progestogen Hormonal Contraceptive Methods during Lactation: An Overview. Clin Pract. 2024 Jun 4;14(3):1054-1064. doi: 10.3390/clinpract14030083. PMID: 38921261; PMCID: PMC11203090.


Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note

© 2025- Lactasource 

Contenu du site : Tous les droits de reproduction sont réservés. Toute reproduction intégrale ou partielle du contenu du blog ou des formations, faite sans l’accord écrit des autreurs de Lactasource est strictement interdite (art.L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle).

bottom of page